Une loi pour manger mieux
Le projet de loi sur la nutrition pourrait être examiné en mai prochain (photo PQR/Le Dauphiné Libéré/Stéphane Marc)
AGRICULTURE. Bruno Le Maire a présenté ses objectifs pour l'agriculture et a annoncé qu'une loi fixera les règles nutritionnelles de la restauration scolaire et universitaire.
Avant d'évoquer ses objectifs pour 2010 au ministère de l'Agriculture, hier à Paris, sous le plafond de bois sculpté du salon Sully, Bruno Le Maire n'élude pas la sévérité de la crise qui frappe les agriculteurs. « 2009 a été une année calamiteuse… La plus grave crise depuis 30 ans. Et je vois la détresse du monde agricole les yeux dans les yeux. » Le ministre estime d'ailleurs qu'il ne s'agit pas d'une crise, mais de deux qui plombent les campagnes françaises : la crise économique, bien sûr, mais aussi une crise morale. « Le monde agricole se demande quelle est sa place dans la société. Qu'est-ce qu'on attend aujourd'hui de l'agriculture. Face à ces deux crises, ma première responsabilité est d'offrir une perspective et des revenus stables à tous les agriculteurs (lire ci-dessous), il faut également donner un sens politique à l'agriculture en mettant l'alimentation au cœur de notre action. »
Dans cet esprit, le ministre normand annonce qu'un plan national pour l'alimentation va être mis en place.
La Loi « nutrition »
Face à la montée en France de l'obésité - 6,5 millions de personnes touchées et 14, 5 millions d'adultes en surpoids) « une loi fixera les règles nutritionnelles en restauration scolaire et universitaire, car aujourd'hui les simples recommandations (circulaire de 2001) sont peu connues et non respectées. » Mais comment l'Etat fera-t-il respecter ce type de loi ? Pas de réponse pour l'instant.
Etiquetage
Bruno Le Maire veut en finir avec les zones d'ombre sur l'étiquetage des produits. « Que le consommateur soit clairement informé sur la provenance du produit, et de ses composants, ce qui est important pour les personnes souffrant d'allergie par exemple. »
Modèle français
« Le modèle alimentaire français est fondé sur la diversité des produits et l'équilibre des repas. J'y suis très attaché. On va le promouvoir. Les journées du patrimoine seront étendues à notre gastronomie. »
Circuits courts
Le ministre veut développer les circuits courts (un produit ne doit plus faire 2 000 kilomètres pour arriver dans l'assiette). Et il veut développer aussi le bio dans la restauration collective publique afin qu'elle atteigne 20 % en 2012. La lutte contre le gaspillage est déclarée car « 15 à 30 % de la production alimentaire sont perdues en France. Nous allons par exemple valoriser les invendus dans tous les marchés d'intérêt national et sur les criées, comme nous le faisons déjà à Rungis. »
Jean-Pierre Boulais